Sarah Cloutier

Basée à Montréal et originaire de Sherbrooke, Sarah Cloutier est une artiste peintre interrogeant la banalisation de comportements insensés du quotidien. Ses recherches adressent l’assujettissement collectif aux technologies numériques et les effets de cette dépendance sur le corps et la pensée. Ses peintures explorent les notions d’aliénation, de distorsion et d’indifférence en contexte sociétal de productivité et de performance. Elle remet en question le regard surstimulé par les écrans et fait entrer le présent, vécu et senti, en dialogue avec l’histoire de l’art, passée et construite.

Diplômée de la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM (2025) et du baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2022), son travail a fait l’objet d’expositions solos dont Continuum (2025) à la galerie Fais-moi l’art (Montréal), et Rends-moi mes yeux (2026, à venir) à la Maison de la culture Janine-Sutto (Montréal). Ses œuvres ont également fait partie de plusieurs expositions collectives dont Côté Jardin – Expo bénéfice (2025), chez CIRCA, Rêveries chromatiques (2024) à la galerie JANO, Peinture fraîche et nouvelle construction (2024) à la galerie Art Mûr, et Travaux en cours (2024) à l’École Supérieure d’art et design de Saint-Étienne (France).

Intéressée par le rôle de la peinture dans l’espace public, elle remporte le premier concours Prochaine station, par Astral média, à la station Berri-UQAM (2025). Puis, elle organise à titre d’artiste-commissaire l’exposition Chlorophylle et mélanine (2024-2025) à la Place du marché Atwater. Elle prend aussi part à la première édition du programme d’art public temporaire UNIR – propulsé par le REM (2023).

Elisabeth Perrault 

Née en 1996 à Joliette, Elisabeth Perrault vit et travaille à Montréal. Elle a obtenu son baccalauréat de l’Université Concordia en 2020, et est en voie d’y obtenir sa maîtrise.

Par le passé, Elisabeth Perrault a présenté trois expositions solos à la galerie Pangée, Ces petites morts domestiques, en 2021, Danser avec nos fantômes, en 2023, puis Nature pointue, en 2025. En 2024, elle présente Les mascarades une exposition solo à la Maison de la culture Maisonneuve, ainsi qu’une exposition en duo chez Carvalho Park (New York). Elle travaille présentement sur une exposition solo prévue en 2025 au centre d’artistes CIRCA.

Notons une collaboration avec l’artiste Patrick Watson pour la réalisation de son vidéo clip pour la chanson Better in the Shade, en 2022. Le travail de Perrault fait également partie des recherches de l’historienne de l’art Dr. Julia Skelly pour son livre à paraitre en 2025, Threads: Cloth in Contemporary Queer, Feminist and Anti-racist Art (Bloomsbury Academic, 2025). Son travail est récemment entré dans la collection du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, après sa participation au symposium de 2024. 

Elisabeth est représentée par Pangée.

Winnie Truong

Winnie Truong est une artiste torontoise utilisant le dessin et l’animation dans le but d’explorer les idées d’identité, de féminisme et de fantaisie, et de trouver ses liens et ses transgressions dans le monde naturel. Son travail a été exposé à l’échelle internationale, et elle a reçu la bourse Chalmers Arts Fellowship en 2017. Son œuvre a été présentée à l’émission The Exhibitionists diffusée sur les ondes de CBC ainsi que dans sa récente exposition d’ensemble à la Saw Gallery, à Ottawa (Ontario). Elle a été artiste en résidence à la Brucebo Scholarship, à Gotland (Suède) et au Doris McCarthy Fool’s Paradise, à Scarborough (Ontario). Elle est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université OCAD. 

Winnie est représentée par la galerie Patel Brown.

Présences troubles propose une réflexion sur le corps et l’esprit comme entités mouvantes, traversées par des transformations liées aux avancées technologiques, aux changements environnementaux et aux bouleversements sociopolitiques. Dans un dialogue croisé Sherbrooke-Montréal-Toronto, trois artistes aux pratiques distinctes se rencontrent – entre l’approche picturale de Sarah Cloutier, la démarche sculpturale d’Elisabeth Perrault en passant par le dessin et l’animation de Winnie Truong. Ensemble, leurs pratiques révèlent des morphologies humaines, végétales ou hybrides, en mutation sous l’effet de leur environnement, tout en invitant à réfléchir aux empreintes laissées sur l’imaginaire, la conscience et la mémoire.  

Par ses Présences troubles et tangibles, l’exposition invite à observer également comment la conscience est envisagée comme un espace tout aussi modulable que le corps; influencée, altérée et reconfigurée par ces mêmes forces extérieures. Elle révèle les tensions entre adaptation et résilience, où le corps et l’esprit deviennent des vecteurs sensibles de mutations reflétant des états instables ainsi que des réalités changeantes et conflictuelles.  

En s’inspirant de la pensée de Donna J. Haraway, l’exposition Présences troubles ne s’inscrit pas dans une temporalité figée d’un futur condamné; elle se présente plutôt comme le reflet d’enjeux vivants avec lesquels il est nécessaire d’apprendre à coexister. Les trois artistes n’adoptent pas un regard désabusé, elles donnent forme à un passé tissé de relations, à des présents alternatifs et à des futurs spéculatifs.