En explorant les œuvres dans la réserve de la galerie, mon regard s’est posé en premier lieu sur un collage de la série Mirages de l’artiste sherbrookoise Anne Chantal Lagacé. Composé de cartes touristiques, d’objets trouvés, de traits de crayon et d’encre, Mirage #12 aborde le territoire urbain sous la forme d’une déambulation créative. Avec une approche méthodique de l’observation, de la collecte et de l’assemblage, l’artiste organise une surface picturale ponctuée d’artéfacts évoquant un parcours réinventé.
Pour faire écho à cette œuvre, l’œuvre photographique Le poids des objets – Porter, de Raphaëlle de Groot, s’est révélée. Récemment acquise, elle témoigne d’une performance. Dans une démarche qui favorise les relations, l’artiste collecte, auprès de diverses communautés, des objets délaissés et sans valeur, invitant du même coup à se délester du poids qui leur est associé. Ces objets se retrouvent ensuite dans ses inventaires personnalisés, des installations ou des sculptures qu’elle porte.
Face à l’océan, d’une tout autre trajectoire, Le pêcheur au harpon de l’artiste inuit Isah Ajagutaina Tukala (1905-1977). Celui qui vécut à Puvirnituq, dans le Nord-du-Québec, est reconnu nationalement pour ses sculptures et ses gravures sur pierre.
Déviance #7, de la peintre Marie-Ève Beaulieu, tire des traits obliques entre les œuvres. Utilisant des stratégies d’accumulation de la matière et de répétitions, l’artiste explore les thèmes de l’accident et de l’illisibilité en peinture. Tel un artéfact, le tableau présenté provient d’une série inspirée de compositions photographiques de résidus d’atelier, de petits formats, où les gestes sont contraints et délimités.
– Myriam Yates, commissaire