Julie Tremble
Julie Tremble est une artiste de la vidéo et de l’animation. Nourrie par le cinéma, les sciences naturelles, la littérature et la philosophie, elle s’intéresse aux constituants de l’univers, aux états de la matière et à leurs représentations. En mettant en scène des théories et des enquêtes scientifiques, elle produit des sciences-fictions expérimentales, contemplatives et hallucinées.
Julie Tremble détient une maîtrise en études cinématographiques de l’Université de Montréal (2005) ainsi qu’un baccalauréat combinant cinéma et philosophie (2000). Son travail a été présenté au Canada et à l’international dans des centres d’art parmi lesquels : Dazibao, OBORO, Galerie B-312, la Fonderie Darling (Montréal), The Factory (Islande), le Museum Ludwig (Budapest), STUDIOTELUS du Grand Théâtre de Québec et VU (Québec), la Galerie d’art Foreman et Sporobole (Sherbrooke), ainsi que lors de différents festivals dont : Festival du Nouveau Cinéma, Festival International du Film sur l’Art (Montréal), Images Festival (Toronto), Les Instants Vidéo, VIDEOFORMES (France), ARKIPEL (Jakarta). En 2013, elle reçoit le prix du CALQ pour la meilleure œuvre d’art et d’expérimentation remis dans le cadre des Rendez-vous Québec Cinéma.
Elle a également présenté son travail lors de conférences internationales multidisciplinaires : rencontre biennale de l’International Society for the History, Philosophy and Social Studies of Biology (Université de Toronto) et Origine de la vie, discours et représentation (Acfas, Université de Montréal). En 2023, elle a été accueillie en résidence de recherche à l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires de Strasbourg (ISIS).
Parallèlement à sa production artistique, elle a travaillé comme coordonnatrice au centre d’artistes Articule et comme directrice générale du centre Vidéographe à Montréal. Elle a aussi dirigé le centre d’art francophone Le Labo à Toronto. Elle présentera l’exposition La catastrophe ultraviolette au Centre d’art Jacques-et-Michel-Auger à Victoriaville du 5 novembre au 12 décembre 2026.
Nourrie par le cinéma, les sciences naturelles, la littérature et la philosophie, Julie Tremble se penche depuis une dizaine d’années sur les découvertes scientifiques qui concernent l’univers. Il peut s’agir d’archives de documentaires d’astrophysique, comme dans son œuvre Météore Apocalypse III (2018), ou encore du développement des sciences quantiques. Son médium de prédilection est l’animation 3D, qu’elle perfectionne au fil du temps. Cette technique lui permet d’explorer de nouvelles spatialités dans des jeux de plans et d’échelles, du microscopique au macroscopique et de la figuration à l’abstraction. Avec des rendus de couleurs irradiées et un rythme contemplatif (Les planètes spectrales, 2023), ses vidéos d’animation explorent la transformation du vivant dans le temps long et proposent de nouvelles narrations qui s’inscrivent de façon singulière dans le monde de l’art contemporain.
Les quatre images numériques présentées ici ont été créées en parallèle à la réalisation de la vidéo de science-fiction LUCABOT (2026). Pour La catastrophe ultraviolette, l’artiste s’est inspirée d’une expérience récente menée à l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires de Strasbourg en France, qu’elle a pu constater dans le cadre d’une résidence de recherche qu’elle y a effectuée. « L’expérience consiste à modifier les propriétés d’une molécule en la faisant entrer dans un état lumière-matière. Extrapolant à partir de cette observation, j’ai élaboré une science-fiction expérimentale et contemplative dans laquelle deux gigantesques miroirs se forment dans l’espace, provoquant des perturbations dans la matière terrestre. […] Elle [l’animation] propose une immersion sensorielle et intellectuelle dans les profondeurs de la matière. Un voyage quasi psychédélique où les apparences de plénitude, de stabilité et de délimitation se dissolvent pour laisser place à un vide frémissant, un mouvement perpétuel, une continuité sans fin. » J.T.
Commissaire : Myriam Yates